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La chine cloture les JOs et pendant ce temps là en France...

Intermède actualités en ce lundi après la lecture d'une dépêche AFP qui me laisse un peu dubitatif.

Samedi matin, à Paris, des militants pro-tibetains ont déployés sur des toits proches de l'ambassade de Chine, une banderole: "China lies, Tibetans die" (Traduction; La chine ment, les tibétains meurent). Des photographes dont Reuters et l'AFP étaient sur place (dans la rue) pour couvrir l'évênement.

Jusque là rien de bien méchant...

Pourtant, des policiers ont tout de même procédés à l'interpellation des photographes (3) et d'une personne soupçonnée d'avoir participée au déployement de la banderole. Tout à commencé par un contrôle d'identité avec saisie des appareils photo et téléphones portables ainsi qu'une fouille corporelle jugée musclée par les personnes interpellées. Transférés ensuite au commissariat du 8ème arrondissement, ils seront entendus séparément et devront expliquer pourquoi ils n'ont pas souhaiter montrer leurs photos. Malheureusement pour les policiers, la conservation du matériel nécessite l'accord du procureur et à 13h30 (soit 3 heures après l'interpellation) ils seront relachés et le matériel rendu.

La préfecture de police a ensuite assurée que les photographes avaient été "invités" à suivre les autorités afin de vérifier leurs identités. Toutefois, la saisie du matériel, la fouille, l'interdiction de joindre l'extérieur fait plus penser à une interpellation en règles qu'à une invitation...

Le parquet de Paris a toutefois confirmé que rien n'était retenu contre les personnes interpelées et qu'il avait ordonné leur libération.

Ce genre de pratique a de quoi faire peur vis à vis des libertés individuelles et de la liberté de la presse. Si à chaque manifestation "génante" les autorités décident d'interpeller les protagonistes (en l'occurence sans motif valable) et la presse présente afin de se servir du matériel et des éventuelles preuves recueillies par celle-ci, nous filons un très mauvais coton pour la démocratie. C'est aussi un moyen de pression et de harcèlement dont le seul but est d'effrayer les gens qui voudraient user de leur droit de manifestation.

L'occasion de ressortir une citation entendue il y a quelques jours (et dont je n'ai pas la source): "Certains tiennent à prouver que la Chine se rapporche de la France en matière de libertés individuelles. Je dirais pour ma part que c'est la France qui se rapproche de la Chine dans ce domaine."

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Le chat et la souris

Faute de temps pour rédiger un article, je vous propose l'introduction d'une excellente dépêche de Phibrizo sur linuxfr.orgqui traite d'un sujet grave qui pourrait remettre considérablement en cause nos libertés individuelles dans un avenir proche. Bonne lecture.

Profitant de la tenue des assises du numérique, le gouvernement a décidé de réunir les FAI le 10 juin pour leur demander de signer une « charte de confiance en ligne ». Le but avoué est de développer « la civilité et la sécurité de l'Internet », notamment en imposant aux fournisseurs d'accès un filtrage actif du réseau et une démarche proactive.

Derrière quelques points de bon sens faisant consensus et de toute façon déjà développés par les FAI (aider les utilisateurs à lutter contre le spam et le phishing), c'est un aspect bien plus inquiétant qui se dessine. Non satisfait de vouloir contraindre les FAI à un rôle de gendarme, ce texte cherche à faciliter le contrôle du législateur et des ayants-droits sur le contenu en ligne en court-circuitant le pouvoir judiciaire.


Lire la dépêche sur DLFP

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DL.Free.fr : face au chantage de Mme Albanel, Free resiste

Lobby or not lobby (une news de pcinpact.com)

L’épisode du rejet par l’Arcep de la licence 3G demandé par Free prend ces jours un curieux tournant, aussi inique qu’unique. Qu’on en juge :

Le gendarme indépendant des télécommunications avait rejeté le dossier de Free, puisque celui-ci ne répondait pas aux critères exposés par la loi de finances. Spécialement, ce texte demande à ce que pour l’attribution de la licence UMTS, le candidat doit payer en une seule fois. Or, dans ce dossier, Free a fait sien le système du paiement échelonné. De fait, il revient au gouvernement de faire modifier les critères financiers pour faire correspondre l’offre à la demande. De cet épisode juridico-économique destiné à améliorer la situation concurrentielle de ce marché, la ministre de la Culture, Mme Christine Albanel, a cru judicieux de mettre son grain de sable en deux temps.

Pourquoi supprimer un service légal ?

Dans un communiqué, la ministre libérale joue la carte d’un interventionnisme qu’on croyait révolu. A Maxime Lombardini, directeur général de Free, elle a fait connaître « sa réticence face aux nouvelles caractéristiques du service de partage de dossiers volumineux de Free, « dl.free.fr » [qui] permet de transporter des fichiers beaucoup plus volumineux, réduisant la durée de téléchargement d’un film à quelques minutes ». Au plombier, on reproche ainsi la qualité de l’eau qui transite dans les tubes, envoyée et reçue par des personnes tierces. Du coup, l'exercice de style n'est pas des plus simples pour la ministre, bien obligée de pratiquer la contortion cérébrale :

« La Ministre a fait remarquer que, même si tel n’est pas l’objet du service conçu par Free, il permet aux internautes de télécharger anonymement et massivement des contenus pirates sur dl.free.fr. Christine Albanel a demandé à Maxime Lombardini que la maîtrise technique incontestée de Free soit mise à profit pour faire respecter la loi, et a demandé la restriction effective de l’accès à ce service à des communautés fermées, voire sa suppression pure et simple ».

Une belle « albanelerie »

Voilà donc une ministre de la Culture, membre d’un gouvernement qui veut jouer à fond la carte des nouvelles technologies, qui demande la suppression pure et simple d’un service neutre d’échange de données. De deux choses l’une : ou bien le service est illégal, et le gouvernement possède toutes les armes amassées à coup de LSQ, DADVSI ou que sais-je, pour le mettre à terre, ou bien ce service est légal, et cette intervention est particulièrement déplacée voire insultante à l’encontre d’une société française de droit privé.

Mieux. Inique, ce concentré de critiques à l’encontre de Free est aussi injuste. Comment expliquer que la même ministre ne trouve rien à redire de 9Giga de Neuf Cegetel, ou le service 1Go de Voilà.fr (Orange) ? Si l’on pousse la logique de cette « albanelerie », inventons donc ce petit mot pour qualifier cette absurdité néo-technologique, ne faudrait-il pas supprimer ou filtrer mail, ftp, http, bref : tout ce qui est échange entre deux ordinateurs ?

Chantage de pierre

Mais, il y a mieux… et qui nous permet de revenir à cette si convoitée licence 3G : la ministre a expliqué le plus sérieusement du monde que « si les mesures élémentaires de protection ne sont pas prises alors ces services sont des instruments mis gracieusement à la disposition des pirates de la toile. La Ministre considère que l’engagement tangible de Free dans la lutte contre le piratage est un prérequis essentiel à l’examen de leur dossier d’attribution d’une 4e licence de téléphonie 3G ».

Ce gloubi-boulga entre licence 3G d’un côté conditionnée à demi-mot par la suppression d’un service légal de l'autre, a un nom : il s’agit d’un chantage pur et simple. Un chantage d’autant plus inacceptable qu’il n’y a aucun rapport de causalité entre l’un et l’autre des ingrédients mis sur la balance par ce ministre qui joue au législateur de fait. Car, faut-il le dire, il n’y a aucun chapitre qui concerne des mesures de filtrages dans les conditions d’attributions…

Réaction de Free

Contactée ce week-end, la direction de Free nous a indiqué n’avoir eu aucune demande de fermeture officielle de DL.Free.fr provenant d'une autorité ou d'un ayant droit. Sans surprise, elle ajoute qu’elle ne tiendrait pas compte des remarques illégitimes de Mme Albanel sur ce créneau. Comment en serait-il autrement ? Free ruinerait immédiatement son image de marque en se positionnant à la solde gouvernementale, déjà fortement sensible au lobbying de la musique et du cinéma.

On ne sera donc guère étonné que quelques heures après cette intervention d’un autre âge que la SACEM publiait un communiqué. Elle y déclarait soutenir la prise de position de la ministre contre « cette initiative qui, sous couvert d’offrir un meilleur service aux internautes, contribue à offrir de nouvelles facilités dont la mise en œuvre sans garde-fous juridique et technique contribuerait sans nul doute à encourager la poursuite et le développement du piratage des œuvres de l’esprit ». Rédigée par Marc Rees le lundi 15 octobre 2007 à 09h56

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Censure culturelle à Oyonnax

Une petite histoire qui serait amusante, si on ne pensait pas qu'elle se reproduira et qu'elle est représentative de l'esprit post-victoire qui rêgne dans les rangs d'un certain parti politique.

Tout a commencé par la diffusion d'une vidéo satirique sur Nicolas Sarkozy au cours du spectacle des Ogres de Barback, dans la municipalité d'Oyonnax. Le maire UMP n'a pas tardé à faire savoir son mécontentement via un courier adressé à la présidente du Groupe. Courrier que je me permets de publier ici avec la réponse irrévérencieuse mais tellement vraie des artistes, qui ne semblent pas décidés à se laisser marcher sur les pieds.

La missive:

La réponse:

Sources:

  • Merci Sigried pour m'avoir fait prendre connaiscance de cette anecdote.
  • Merci aussi au Ogres de Barback pour les lettres publiés sur leur myspace: ici

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Pot de départ? Ou pots de vin de départ?

A 23 jours de la fin du mandat de Jacques Chirac et du gouvernement associé, on peut sentir les rats quitter le navire, sans s'être privés de se remplir la panse avant.


Le Monde-Informatique a publié vendredi un article signalant une réunion au secrétariat général du ministère de l'Economie et des Finances le vendredi 20 avril 2007 à 17 heures au sujet du Référentiel général d'interopérabilité (RGI). 48 heures avant le premier tour de l'élection présidentielle, l'objet de cette réunion serait de permettre à Microsoft de remettre en selle son format de document Office, délaissé par l'administration depuis quelques années en faveur du format Open Document. La DGME (Direction générale à la modernisation de l'Etat), en charge de la rédaction du RGI, n'était pas conviée à cette éventuelle réunion. Toutefois, et heureusement, le Code des Marchés Publics permet à ce genre de manoeuvres de ne pas être si évidente que souhaitée. Il y a donc peu de chance que l'effet de ce type de réunion soit immédiat. Toutefois, on peut s'interroger sur les motivations des membres de l'administration concernés. Pourquoi ceux ci n'ont ils pas sollicités un avis technique sur ce genre de question? Pourquoi ce genre de réunion à quelques jours du départ du gouvernement si ce n'est que certains ont succombés aux pression du lobbying de l'éditeur de logiciel concerné?
Aujourd'hui le secrétariat général du ministère de l'Economie et des Finances a démenti l'existence de cette réunion. Toutefois de nombreuses sources semblent concordées en ce sens et le mardi 17 au matin, le cabinet du ministre semblait embarrassé par la question, avant de préciser ne pas vouloir réagir.

Aujourd'hui dans de nombreux médias spécialisés, c'est une autre nouvelle qui fait trembler les partisant de la liberté. En effet, en catimini, le gouvernement serait en train de finaliser un projet de décret d'application de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) relatif à la conservation des données par les fournisseurs d'accès et les fournisseurs d'hébergement. Les conséquences des prémices annoncés de ce projet serait d'obliger les acteurs des services liés aux communications électroniques à conserver pendant un an toutes les données pouvant permettre l'identification d'un de leurs utilisateurs.
"Big Brother is watching you". Les informations concernées semblent totalement anti-constitutionnelles puisque les opérateurs, les FAIs, les hébergeurs et éditeurs de sites devraient conserver des données telles que les adresses IP, les numéros de téléphone composés, les historiques de navigation... Ces données pourraient être simplement réclamées par la justice ou les autorités et ensuite conservées pendant 3 ans!
Si beaucoup de voies s'élèvent pour protéger la liberté, les acteurs visés s'inquiètent aussi de l'application de ce projet et des conséquences financières de celle ci. D'après Les Echos, le coût de la mesure serait estimé à environ 224 euros par abonné pour un fournisseur d'accès à Internet qui compterait un million de clients. Une subvention gouvernementale serait vraisemblablement allouée pour compenser les investissements consentis, mais les FAI craignent que celle-ci n'éponge pas la totalité des sommes dépensées. Déja les FAIs étaient soumis à ce type d'obligation, et malgré les promesses aucune subvention n'est jamais arrivée.

Bref, voila de quoi comprendre l'engrenage actuel des fins de mandat et les préocupations de nos dirigeants à quelques jours de faire les cartons. Méfiance et vigilance seront nécessaires pour éviter que ne s'appliquent ces projets qui dans la lignée des projets Sarkozy continueraient à limiter les libertées individuelles.

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