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Rochan Feu: le soutien unanime des festivals de l'Ouest

À l’heure des bilans, le constat est amer pour l’association Roc’Han Feu. Cependant, elle trouve soutien auprès des autres festivals du Grand Ouest.

Face au Tecknival organisé par l’Etat le même week-end, sur le site de Trémuson, le Festival Roc’Han Feu n’a pu remplir les objectifs fixés en terme de fréquentation du public.

La tâche relevait presque de l’impossible : faire face à un événement gratuit, situé à 50 kilomètres et réunissant plus de 40 000 personnes. La colère et la déception n’en sont que plus grandes pour les membres de l’association Roc’Han Feu qui s’étaient déjà retrouvés dans la même situation l’année dernière, avec le Tecknival de Meucon. Ce dernier avait laissé de lourdes séquelles, surmontées énergiquement par les bénévoles de Roc’Han Feu, mais tous ces efforts ont été anéantis le week-end dernier par le Tecknival de Trémuson.
L’amertume de Roc’Han Feu ne se dirige pas vers le mouvement des « Tecknivals » (bien au contraire la programmation du festival fait la part belle à la musique électronique) mais plus vers les inégalités qu’impose l’organisation d’une telle manifestation.

Depuis quelques années, l’Etat, pour faire face et encadrer les « raves parties » sauvages, consacre des moyens humains, financiers et matériels considérables. En comparaison, les associations, comme celle de Roc’Han Feu, disposent de moyens dérisoires, et sont de plus soumises à des règlementations et à des normes bien plus draconiennes, et surtout d’un coût non négligeable. Le face à face est perdu d’avance, et cette concurrence s’avère fatale.

Mais ce n’est pas seulement l’association Roc’Han Feu qui est concernée. Tout événement culturel pourrait subir les effets d’une telle situation. Pour l’instant, le Tecknival breton s’est toujours déroulé le même week-end que le Festival Roc’Han Feu, mais si la date variait, ce serait d’autres événements qui en supporteraient les conséquences. Dans ce contexte, les organisateurs des festivals bretons et du Grand Ouest  ont apporté leur soutien à l’association Roc’Han Feu en signant le courrier ci-joint : Les Vieilles Charrues, Le Bout du Monde, Les Transmusicales, Astropolis, Couvre Feu, Au Pont du Rock, Panoramas, Rocklang, Les Percussions du Monde, Nuits Soniques, La Renverse, Les Fennecs, Le Champ de Foire, Les Nuits Vertes, Delirock, Cité Rap. Tous se mobilisent autour de la situation de Roc’Han Feu, et cette liste de festivals alliés s’allonge encore.
La réunion de toutes ces manifestations, représentant plus de 360 000 festivaliers et festivalières, veut avant tout exprimer la volonté d’établir un dialogue avec les pouvoirs publics. La cohabitation entre les festivals et les tecknivals est possible mais une solution doit être trouvée pour laisser aux associations une chance d’exister et pour rééquilibrer les moyens et obligations de chacun.

Depuis des années, tous ces festivals participent activement à l’animation et au développement économique et social de leur territoire respectif. Ils contribuent à la richesse et au dynamisme de notre région, et leur disparition représenterait une perte indiscutable.

Nous vous remercions de votre attention et comptons sur vous pour faire circuler l’information le plus largement possible.

Si vous désirez plus de renseignements, n’hésitez pas à nous contacter par mail ou par téléphone.

Cordialement

Les co-présidents de l’association
Maïssa BEUREL
Julien ROUAULT

Association Roc' Han Feu
7 Place du Chateau
56580 ROHAN
Tel/Fax: 02 97 51 50 63
http://www.rochanfeu.com
renseignement@rochanfeu.com

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Tek-naz

Tekno culture:


Les Free-party ne sont pas un phénomène nouveau. Déjà dans ma "jeunesse" et mes premières sorties, j'avais profité de connaissances pour découvrir ce qu'on appelait couramment à l'époque les "rave-party". A l'époque cela se résumait à quelques centaines de jeunes gens, rassemblés en un endroit (très souvent avec l'accord du propriétaire), pour partager dans la gratuité totale un même goût pour la musique électronique. Certes tout n'était pas rose, et certains abus étaient repris par les médias pour saper le mouvement qui personne ne contrôlait. Certes il arrivait que nous posions les "sons" sans l'accord de propriétaire de lieux, certes cela provoquait une gène sonore pour le voisinage... Mais à cette époque, l'auto-gérance comportait encore le mot "gérance" et les responsabilités étaient prises et partagées. A cette époque, très rares étaient les cas où le terrain n'était pas nettoyé par les protagonistes.

Maintenant, l'auto-gérance a fait place à l'extra-gérance. "Extra" pour extérieur, car à présent, ce sont les préfectures de région qui supportent toute l'organisation des événements de ce type. Enfin, de ce type... plus vraiment. Les adeptes du mouvement underground originel ont depuis longtemps délaissés les teknival honteux qui ont remplacés les free-party.

Il y a deux ans, le traditionnel teknival, qui se voulait être la partie "off" du festival des vieilles charrues, se déroulait à Carnouët sur des champs cultivés réquisitionnés par la préfecture de région. Je passe sur le décès de la jeune fille qui a marqué l'actualité car je pense qu'il n'est pas représentatif des problèmes de ces seules manifestations. A cela s'ajoute les frais de sécurisation, d'installations sanitaires et les tords causés à la localité (nuisance sonore ponctuelle, déplacements difficiles, image à long terme...). Tout cela coûte de l'argent au contribuable et plus les évènements gagnent en importance, plus le coût s'élève.

L'année dernière, 15 000 personnes ont envahies l'aérodrome de Meucon, paralysant ainsi toutes les activités liées à ce lieu dans une période où il est très fréquenté. La préfecture du Morbihan avait du batailler pour ne pas voir le tecknoz se poser sur des friches ou jachères agricole et avait proposé par arrêté préfectoral ce site. C'est d'ailleurs cette décision qui vaudra à Madame Le Préfet d'être remplacée quelques temps plus tard. Encore une fois le bilan financier est désastreux. Des centaines d'uniformes, des moyens matériels et sanitaires dignes d'un grand festival, des barrages routiers sur des dizaines de kilomètres carrés... Et encore une fois, personne d'autre que le contribuable pour mettre main à la poche.

Un autre problème m'a été jeté en pleine figure suite à ce teknival: l'impact sur la concurrence. Depuis souvent des dizaines d'années des festivals de toute tailles essayent de s'en sortir dans les couloirs parfois obscur de l'administratif. Leur moyens financier sont très limites vis à vis des évènements qu'ils créent et lorsqu'un même weekend, un teknival "gratuit" par définition, s'installe dans la même région, le sentiment de concurrence déloyale ne peut être ignoré. L'année dernière, c'est donc le festival Roch'an Feu, cher à mon estime, qui s'est vu menacé par les conséquences d'un rassemblement tekno payé par les impôts de ceux qui majoritairement n'y iront pas!

Pour en avoir parlé avec ceux qui ont vécu les premières lueurs de ce genre d'évènement, je me rends bien compte de la dégénérescence dont il a été victime. Les mouvements "free" n'ont plus rien du sentiment de liberté qui y régnait avant. Ou alors, il faudra qu'on m'explique comment une zone bouclé de barrière, avec des fouilles systématiques aux entrées, et une surveillance continue de la part des autorités... conserve sa nomination de "zone libre". On entend aussi parler de "Zone autonome temporaire", ce qui me fait bien rire en comprenant qu'elle n'a rien d'autonome car tout à été préparé par les autorités et que tout sera nettoyé par les mêmes... L'utopie qui régnait aux premières heures s'est transformée en un assistanat où les protagonistes s'y trouvent aussi bien que dans les jupons de leur mère.

La moutonnade et le voyeurisme ont aussi considérablement pourrit un système déjà fragile à ses débuts. Beaucoup viennent pour découvrir ce drôle de monde dont on parle sur tous les médias plus que pour partager des gouts musicaux communs. S'ajoute aussi, tous ceux qui trouvent ça bien de raconter qu'ils fréquentent ce genre de festivals improvisés. D'ailleurs, il suffit de s'y balader pour comprendre que la fréquentation a considérablement changée et qu'elle n'est plus guère comparable à ce qui existait il y a à peine 5 ans de ça.

Même les "sons" ont changés, et de simples sonos améliorées et bricolées, il y a maintenant des sound systems qui sont plus pochent de SARL que de bricolage du dimanche. Les vrais "teuffeurs" eux continueront à faire des rassemblements de toute taille organisés par leurs soins, sur des sites prêtés (par l'état souvent), mais qu'ils sauront nettoyer d'eux même. Ils pâtiront malheureusement de l'image négative associée à des évènements comme le tecknoz, lieu de débauche pour assistés du dimanche.

Ce n'est donc pas contre le mouvement originel que je m'élève en entendant que le Teknoz 2007 aura lieu sur un aéroport proche de Saint Brieuc, mais contre l'évolution de ces manifestations. Encore une fois, une zone économique sera paralysée par de milliers de soit disant teuffeurs, qui ne sont pas fichus d'organiser les choses par eux même et s'en remettent à la société qu'ils aiment tant à critiquer. Encore une fois, ce sont des millions d'euros qui seront prix sur d'autres investissements plus utiles pour assumer la volonté de fêter de certains. A l'heure où la France a tant besoin d'argent pour réduire son endettement, est on obligé d'assister une bande d'ados irresponsables?

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