Le journalisme s'inspire des guignols?
publié par pampryl, le jeudi 26 mars 2009 à 11:07, dans la catégorie Actualité générale.
Une fois n'est pas coutume, j'alimente le blog d'un billet un poil politique. Avec moi ça marche par période et il y a eu des périodes très politiques, mais vous conviendrez que depuis quelques temps, j'évite ce terrain.
Un article (ou du moins ce qui se veut un article j'imagine) du journal Le Monde, m'a quelque peut fait peur à sa lecture. Voici un peu le résumé du contenu: En gros, d'après "la très respectée Rand Corporation", la contrefaçon de DVD serait la source du financement d'organisation terroriste. Bien sur, le rapport de cette organisation préconise de prendre certaines mesures pour contrer les terroristes en puissance (ceux qui contrefont des DVD quoi...). L'article du monde ne propose aucune remise en question de la vision que suggère ce rapport et se contente de le citer régulièrement comme une vérité acquise.
C'est là qu'on se rend compte que certains journalistes (Claudine Mulard dans ce cas) sont des vrais guignols de l'info qui ne cherchent même pas à comprendre, expliquer et nuancer leurs sources. J'ai de plus en plus l'impression que le journalisme se résume à "Si c'est arrivé à mes oreilles alors c'est une vérité acquise et incontestable". Jusque là ma critique est assez gratuite et peu argumentée... mais ça vient, je vous rassure.
Je parlais donc de la source. En l'occurrence, la source de cette journaliste est un rapport pondu par la 'Rand Corporation' (californienne au passage) à la demande des studios d'Hollywood... De suite, on comprend que le résultat est forcément à prendre avec des pincettes et que dès le départ cette étude était faussée par les aprioris ou la forme de la demande.
Une partie de l'article soulève l'affirmation suivante: la contrefaçon représente 18 Milliards de pertes pour l'industrie du cinéma. C'est un peu osé comme affirmation vu que je doute tout de même que 100% des achats ou téléchargements illégaux seraient remplacés par des achats de version légale si le choix de "pirater" n'existait pas. Et je passe sur les pitoyables propositions de ce rapport qui ne visent qu'à mettre sur un pied d'égalité les vilains "pirates" et les, au choix, criminels, terroristes, pédophiles... Le tout sans que la journaliste ne prenne le temps de préciser le comique de ces mesures.
Enfin, la palmes de l'affirmation grotesque revient à Greg Treverton (de la Rand Coprporation), qui estime ceci: "les acheteurs de copies piratées pensent commettre une petite offense, mais c'est faux ! C'est un crime contre la propriété intellectuelle et c'est, donc, comme le montre notre rapport, une question de sécurité nationale". Il faudrait montrer à ce cher monsieur la différence entre un délit (ce qu'est la contrefaçon) et un crime.
Allez flibustiers, retournez à une activité normale et méfiez vous de ce que vous lisez ou téléchargez (vous pourriez trouver la loi HADOPI normale ou bien voir le FBI débarquer chez vous).